Jean Trézières

Jean Trézières

1916 - 1941


         
 

Jean Trézières,
août ou septembre 1941 (*)


Carte GPHM de Jean Trézières (*)


Carnet de courses de Jean Trézières,
août et septembre 1941 (*)


La Face Nord du Mont Perdu en 1938
Source Site de Jean Ollivier

 

Le 18 septembre 1938, Jean Trézières vient une première fois à Ansabère escalader la Grande Aiguille par la voie du Surplomb. Il est avec Pierre Peyroulet (leader) et Etienne Manauthon. Ce jour-là, les trois hommes sont témoins d'une "course" pour la première féminine de la Grande Aiguille d'Ansabère : en effet, Robert Ollivier et Maïté Cabanne escaladent la voie Cames-Sarthou; Joseph Loustaunau et Gachou Pouey tentent la voie du Surplomb. Jean Trézières note sur son carnet de courses : "18 sept : faisaient aussi la course avec le désir de réaliser la 1ère féminine : R. Ollivier - Maïté Cabanne par la voie Cames-Sarthou, Loustaunau - Gachou Pouey, un jeune gaudin (parlant de Loustaunau) qui n'avait jamais fait de montagne.Accident survenu à Loustaunau qui se rattrappe à la corde de rappel que nous avions mise en place. Finalement toute la cordée Loustaunau fut hissée par les bras vigoureux de P. Peyroulet et d'E. Manauthon.
Malgré cela Gachou prétend être arrivée ex-aequo pour la 1ère féminine.
"

Jean Trézières fut compagnon de cordée de Joe Simpson à la fin des années 30. C'est la cordée qui réalisa ce qui est peut-être le premier enchainement à Ansabère : La voie du surplomb suivie par la voie Cames-sarthou dans la journée. C'était en 1940. Les deux hommes étaient soucieux de remplir leur carnet de course afin d'intégrer le prestigieux GPHM. Il fallait pour cela effectuer (entre autre) des courses de rocher en leader. Pour cette raison ils avaient réalisé ces deux ascensions dans la journée, chacun pouvait faire sa course en tête, Jean pour la première, Joseph pour la seconde.
La technique est toujours la même : corde en chanvre autour de la taille, ferraille quasi-interdite, pas ou très peu d'assurance. Cela dit, Jean rédigera un article dans la Revue Pyrénéenne le 24 mars 1941 intitulé "Moyens artificiels" dans lequel il prend la défense des pitons en réponse à un article du numéro précédent où un courageux anonyme critiquait et condamnait les moyens artificiels d'escalade : "Tentez donc l'escalade de la grande Aiguille d'Ansabère par la voie du surplomb où se trouvent les pitons que vous exécrez (les barres de fer de Cames et Sarthou), et vous constaterez à l'évidence que malgré ces pitons la difficulté du passage n'est pas méprisable."
Jean Trézières était le quatrième (le seul garçon) d'une fratrie de cinq enfants. Diplômé de l'Ecole des Sciences Politiques de Paris*.

Il sera membre associé No 44 du GPHM d'octobre 1940 à juillet 1941, puis membre actif No 16 en juillet 1941. Il était également membre n° 66.620 de la Section de Pau du Club Alpin Français ainsi que membre du Club Pyrénéen.

Jean Trézières était décrit par ses pairs (2) comme intrépide, très élégant sur le rocher, poussé par une force intérieure. Très bel athlète, il avait par exemple enchaîné en solitaire la face nord du Capéran de Ger et la face ouest du pic de Ger en guise d'entraînement.

 
 

Le dimanche 17 août 1941, il réussit la 1ère ascension du Grand Pic d'Ossau par la muraille de Pombie et le doigt de Pombie avec R. Ballini.(*)

Son manque d'expérience de la glace, bien qu'il ait réussi le couloir de Gaube avec Jo Simpson en juillet 1941, lui sera fatal.(3)
Le 20 septembre 1941, il attaque la face nord du mont Perdu avec une jeune femme, Thérèse Trillat, avec laquelle il avait déjà parcouru les 4 pointes de l'Ossau. Or, le 20 septembre, la saison est avancée, les nuits déjà froides, la glace est dure, manifestement il est trop tard.(2) En effet, ce 20 septembre, la cordée Trézières-Trillat éprouve des difficultés dès les premières longueurs (Thérèse ne parvient pas à assurer correctement Jean, son piolet ne mordant pas dans la glace.) Jean Trézières dévisse et entraîne Thérèse. Tous deux tombent, dévalent la pente. Jean Trézières ne survivra pas à la chute. Thérèse, à quatre pattes, part chercher de l'aide, véritable calvaire car elle a très mal au bassin (fracture) et elle n'y voit pas, ses yeux étant fermés par des paupières gonflées (trois félures des vertèbres cervicales). Pour se diriger, elle est obligée de relever une paupière aves ses doigts... Elle sera secourue par Cazanave et Simpson qui se chargeront de récupérer le corps de Jean Trézières.(2)


Voir aussi :
L'accident de Jean Trézières
par sa soeur cadette Simone et par Caza

En savoir plus :
La 1ère féminine de la Grande Aiguille d'Ansabère



(*)Source Jean Vaquié, neveu de Jean Trézières.

(2) Informations issues d'une brochure intitulée "Caza, souvenirs de montagne", réalisée à l'ordinateur et non publiée, donc inédite. Ils nous ont été communiqué par Gérard Raynaud. Lui-même en a eu communication par Jean et Pierre Ravier quand il préparait son livre "Cent ans sur la brèche" Mémoires du refuge de Tuquerouye. Dans ce livre il décrit l'accident qui valut la mort de Jean Trézières.

(3) Gérard Raynaud, "Cent ans sur la brèche", Mémoires du refuge de Tuquerouye, Ed Pin à Crochets.


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