François Cazalet

François Cazalet

1912 - 2004


                 


François Cazalet


En savoir plus :

Cazalet et Ollivier sur la crête du diable

Récit Face Nord Capéran de Sesques

Le GPHM

Comment fut fondé le GPHM

Son livre
"Mes souvenirsde guerre"

Ses photos

 

François Cazalet est né le 20 avril 1912 à Pau.

Il réalise à 16 ans sa première première sur l'arête Sud du Pène Sarrière (dans les deux sens).

Il franchit le couloir Pombie-Suzon avec Henri Sarthou, le jour où il fait la connaissance de ce dernier. L'année suivante, il gravit en solo le Capéran de Sesques. Il réalise de nombreuses premières dans les Pyrénées. En 1931, il est sur la crête du Diable, avec Robert Ollivier. "J'ai le souvenir toujours vivant d'une aventure qui aurait pu interrompre ma carrière de guide(...) Avec Ollivier, mon élève et compagnon de cordée (...), nous avons décidé de faire la traversée de la Crête du Diable au Balaïtous, qui part du Pic Soulano au Pic Cristails..." F.Cazalet raconte cette aventure dans son livre "mes souvenirs de guerre", aventure qui failli lui coûter la vie (Lire ici).

Avec Robert Ollivier, il évoque la création d'un groupe académique de montagne auquel serait assigné un triple but : réunir les meilleurs grimpeurs des Pyrénées, faciliter la formation de fortes cordées et promouvoir ce faisant le pyrénéisme au rang de l'alpinisme national puis international. Ce but, d'après eux, n'était pas suivi avec suffisemment de rigueur par le GDJ, le Groupe Des Jeunes fondé par Arlaud. D'après Ollivier, le GDJ demeurait trop localisé, et la personalité d'Arlaud était si forte que, ne souffrant pas de concurance, il encourageait peu les initiatives. Cazalet et Ollivier, avec Le Breton, Lamathe et Senmartin , fondent le 11 juillet 1933 le G.P.H.M : le Groupe Pyrénéiste de Haute Montagne. Il ne manque plus qu'à marquer avec éclat l'acte de naissance de ce groupe sur le terrain : quelle course alors pouvait être choisie, sinon celle qui avait repoussé le maître incontesté du pyrénéismes de l'époque, Jean Arlaud ? Il s'agit du couloir de Gaube que nul n'a réussi à gravir depuis 1889. (1)

 

François Cazalet, 1931
Arête sud du Pène Sarrière.

F. Cazalet à la sortie de la crête du pène Sarrière

Sur la face Nord de la grande aiguille d'Ansabère

Toutes ces photos sont issues de son livre "mes souvenirs de guerre"(1)

 

C'est ainsi que le 15 juillet 1933, Cazalet, Ollivier, Lamathe et Senmartin, réussissent non pas, comme ils s'y attendaient, la deuxième mais la troisième ascension du couloir de Gaube. En effet, deux jours plus tôt, ne supportant pas que des pyrénéistes étrangers à Pau soient mêlés à cette ascension, Henri Barrio, sans mot dire, prit les devants et, au nez et à la barbe de tous, enleva cette ascension aussi redoutée que convoitée, en compagnie de Jean AUSSAT et de Joseph LOUSTAUNAU. Robert OLLIVIER a écrit : "Ce 15 juillet 1933, à notre descente du sommet, si François avait rencontré BARRIO sur le glacier du Vignemale, un Pugila digne de l'ère scolaire n'eut pas manqué d'éclater une nouvelle fois entre eux et d'éveiller, par de forts jurons béarnais, les échos de la montagne !"(2) Il y eut tout de même un lot de consolation : Cazalet a retrouvé un piolet de BARRIO en haut du couloir ; dans sa colère (que l'on imagine) il s'écrie "dans un an et un jour il est à moi !". Ollivier nous apprend que Barrio est venu récupérer son piolet au bout de an an moins un jour.

Car il faut savoir qu'une grande rivalité existait entre Henri BARRIO et François CAZALET, depuis l'école communale... en ce temps-là, ils n'étaient pas très copains... Ils se sont même battus ! Il était écrit que la rivalité des potaches de la communale se poursuivrait sur les parois. Lorsque CAZALET mûrissait un projet d'ascension et s'y lançait, à son grand désarroi, Barrio venait juste de passer ! Ce fut notamment le cas au couloir de Gaube comme nous l'avons vu, mais aussi sur la face Nord de la Pique Longue, au Capéran de Sesques. Et impossible de se tromper, BARRIO utilisait des pitons particuliers qui valaient toutes les signatures : des pitons à tête carrée qu'il se faisait faire à St Cricq, à PAU. Cette rivalité sur les parois s'est retrouvée à Ansabère aussi : sur le dièdre BUTTOLI et sur le dièdre Nord-Est, où à chaque fois ces pitons étaient retrouvés, preuve du passage de Henri Barrio... Cazalet disait alors, médusé, "ici aussi il est venu !". Robert Ollivier écrit, dans la revue "Altitude" de 1969, à propos de cette rivalité entre les deux hommes : "Je pensais au "voyage au centre de la terre" de Jules VERNE. Les explorateurs trouvaient les initiales A.S (Arne Sacknussen) à chaque étape de leur descente dans les entrailles du globe, même dans les profondeurs les plus reculées, alors qu'ils s'y croyaient les premiers venus."

Il fait la Première ascension de la face Nord du Capéran de Sesques, le 9 septernbre 1935 avec Roger MAILLY (Lire le récit ici).

En 1933, François CAZALET est instructeur à l'E.H.M de Chamonix. Il obtient son brevet de Guide de Haute Montagne par la préfecture de Pau en 1938... sans passer le moindre examen, tout comme Roger MAILLY et Robert OLLIVIER raconte-t'il, toujours dans son livre.

François Cazalet nous a quitté il y a peu, en 2004. Il faisait l'admiration des grimpeurs pyrénéens de son époque, de par sa hardiesse et son agilité.

(1) Ci-contre à gauche, son livre, "Mes souvenirs de guerre", édition à compte d'auteur François Cazalet, imprimé en 2003. A droite, son brevet de guide de Haute montagne de 1938

En savoir plus :

Cazalet et Ollivier sur la crête du diable
Récit Face Nord Capéran de Sesques
Le GPHM
Comment fut fondé le GPHM
"Mes souvenirsde guerre"
Ses photos

(2) Récits extraits de la revue "Pyrénées" N°225 2006

* Si, bien-sûr, quelqu'un avait des renseignements, des précisions que nous n'avons pas, merci de nous contacter, c'est avec un très grand plaisir que nous recueillerions ces informations précieuses, ou des photos toutes aussi précieuses.


Retour Pyrénéistes - Accueil - Contact