Portrait Louis Audoubert

Louis Audoubert

(Portrait)


         

Louis Audoubert

 

Santiago Mendieta

 

Louis Audoubert

Enfant de coeur

par Santiago Mendieta


Alpiniste, pyrénéiste, photographe, auteur de livres de référence, conférencier... Cet ex-aumônier, marié et grand-père, est une figure incontournable et attachante de la montagne.

Sa première ascension est liée à un souvenir d'enfance, étincelant telle la glace du couloir de Gaube. Dans la cuisine de l'hôtel familial à Cazères (Haute-Garonne), un client souleva le petit Louis, âgé d'à peine trois ans, jusqu'à toucher le plafond. Ce géant basque, lui fit faire sa première ascension. Dès lors, la passion de l'altitude n'a plus quitté Louis Audoubert : Pyrénées, Alpes, Himalaya mais aussi Hoggar, Atlas, Kilimandjaro, Afghanistan, Andes, Yosémite...
Ce Pyrénéen de souche aurait pu rester à domicile, se contentant d'un honnête carnet de courses. Outre ses premières sur les voies inviolées de ses chères Pyrénées, il se frotte aux voies alpines, exigeantes, hivernales : Drus, Grandes-Jorasses, Mont-Blanc, Eiger... Rien ne semble effrayer cet homme de petite taille au regard bleu acier, aux mains de joueur de pelote, même si l'âge aidant, il a raccroché.

 
Skieur émérite, pyrénéiste cosmopolite, grimpeur, conférencier, photographe, accompagnateur, auteur de guides, on l'apprécie pour ses anecdotes, sa tchatche, ses cèpes, son goût pour les pâtés maison exhumés du sac, le champagne sabré sur un sommet... Hédoniste ? À 15 ans, il remonte seul une vallée et se retrouve au pied d'un glacier, naissance d'une vocation. Depuis, est-il descendu ? Le mont Valier constitue son Olympe. Escapades en mobylette, sommes dans les granges. L'expédition Lachenal-Herzog de 1950 gravit alors l'Annapurna dans la douleur.
Cuisinier, service militaire en Algérie, séminariste puis aumônier de lycée (« l'expérience de ma vie »). Un curé devenu pyrénéiste, ils sont nombreux : Gaurier, Armengaud, Sensuc... Il y a désormais Audoubert. Durant ses douze années aux lycées de Toulouse, Louis mène les jeunes en montagne, éveille des vocations. « Néanmoins, on n'était pas payé à l'époque. Je touchais ce que les familles, déjà pas bien riches, voulaient bien me donner. Je survivais avec 200 francs de l'époque. »

La montagne comme antidote à la solitude, au célibat. En 1976, grand chambardement, il épouse Gilberte connue au lycée et quitte le clergé (« 700 euros de retraite, une misère »). Retour à la vie civile, la montagne devient son gagne-pain. À 72 ans, devenu grand-père, Louis continue à photographier les montagnes du monde : Rocheuses, Alpes slovènes, Carpates... Quand on lui demande quelle est sa préférée, il répond, malicieux : « la prochaine. »

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