Jean ARLAUD

Jean ARLAUD

(1896-1938)


         

 

Né en Savoie, en 1896, Jean Arlaud s'installe à Toulouse pour ses études de médecine et pour y exercer ensuite cette vocation.

A 17 ans, il fait partie du CAF des Pyrénées centrales de Luchon. Il pratique la natation et a déjà randonné dans les Alpes. Un an plus tard, il fait partie des membres fondateurs du ski club Toulousain qui organise des collectives à ski. Jean ARLAUD écrit ses premiers comptes-rendus de courses dans le bulletin du club. Cette année-là, en 1914, il réalise sa première première avec Raoul Rives : la dent d'Orlu.

La guerre de 14 l'éloigne des pyrénées. Il se met à la disposition de la croix rouge tout en continuant ses études de médecine. Après de débuts d'infirmier, il est nommé médecin auxiliaire et affecté en Macédoine.

Après la guerre, il reprend avec ardeur ses activiyés montagnardes. Il fonde le 18 mars 1920 le Groupe Des Jeunes (GDJ).

Après une thèse brillante, il devient docteur et se spécialise dans la médecine physique et sportive. Avec le GDJ, il dirige de nombreux camps. Les succès s'enchainent et Jean Arlaud réalise de nombreuses premières.

Dans les Pyrénées, peu explorées à l'époque, il comprend mieux sa soif de découvrir et d'exploration. Certes, déjà, les pionniers tels que Henry Russell, Frantz Schrader, Wallon, Packe, avaient eu la chance et le mérite de gravir en premiers les plus grands sommets. Mais après eux, Henri Brulle, Célestin Passet, de Monts (entre autres) avaient été plus loin en s'attaquant à des escalades jugées impossibles. Jean Arlaud va poursuivre cette passion et cette oeuvre par des voies de plus en plus difficiles. Son amour sans limite pour les Pyrénées, il va le communiquer à d'autres montagnards, novices au départ, en organisant de véritables expéditions dans bon nombre de massifs, notamment espagnols. Ce sont des camps lourds, avec une vingtaine de participants, des portages de matériels et de vivres à dos de mulets.

Le 16 juillet 1926, il réalise une première au Vignemale : il atteint le col des glaciers par la voie des séracs avec Marie-Louise ORTA et Charles LAFFONT.

 
 

Le 6 juin 1927, avec Charles LAFFONT, il tente de réaliser la seconde ascension du couloir de Gaube, 38 ans après la première. Mais ils doivent faire demi-tour au bloc de glace à la sortie du couloir. De retour à Gavarnie, il va prier sur la tombe de Célestin PASSET, le premier vainqueur du couloir, où il dépose un peu de mousse cueillie dans le couloir.Le 3 juillet 1927, alors qu'il pense réaliser la deuxième de la grande aiguille d'Ansabère, il retrouve sur le sommet le fanion du Krocant club planté sur le sommet par Cames et Sarthou 12 jours plus tôt.

Il réalise une deuxième première sur le Vignemale : Le 7 Août 1933, avec G. Lescamela et P. Souriac, il fait la première de la pointe de Chaussenque par l'aiguille des glaciers.

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Il participe en tant que médecin à l'expédition française au Karakoram en 1936. "Celle-ci comprenait: le Dr Jean Arlaud, comme médecin de l'expédition. En principe, il devait remplir ses fonction soit au camp de base, soit dans un camp de base avancé, et assurer la direction du camp de sa résidence. Mais il devait être toujours prêt à gagner les camps supérieurs pour y exercer son rôle médical, ou même pour participer à des opérations actives, en trés hautes montagnes...." (Livre ci-dessus à gauche)

Il prend part activement au développement du ski dans les pyrénées et devient président de la fédération pyrénéenne de ski.

Par ses récits, ses articles, ses tournées de conférences, il révèle la richesse des Pyrénées et la qualité de vie qu'offre leur découverte.

Une carrière brutalement interrompue le 24 juillet 1938 : il se tue sur la crête des Gourgs-Blancs alors qu'il était en train d'organiser une deuxième expédition en Himalaya, essentiellement pyrénéenne... Il a 42 ans.

Il repose au cimetière pyrénéiste de Gavarnie.

En 1953, son nom est donné à un pic de 3065 m, proche du pic des Gourgs-Blancs. En 1992, à deux pas du grand lac du Portillon, à 2568 m d'altitude, est bâti un superbe refuge qui s'inscrit harmonieusement dans ce cadre de haute montagne. Il porte également son nom.

Ses notes ont été regroupées dans deux livres : "Carnets de Jean Arlaud" Tome I et II.