18 juillet 2007 : voie Cames-Sarthou

Les pages-Récits de P.E.

18 juillet 2007 : voie Cames-Sarthou

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" Leçon sur la valeur des choses....à la grande aiguille d'Ansabère "

 

La voie Cames-Sarthou 1927

La montagne c'est un paquet surprise grandeur nature.


On imagine ce que l'on va trouver et puis souvent c'est tout autre chose.
La montagne pour qui ait l'esprit un peu à la déconnade, c'est l'aventure en grimpant même sur un truc facile.
Pas besoin de partir bien loin....un rocher, un bivouac, des bières, une histoire que l'on construit .

Cette sortie montagne c'est une arrivée au bivouac pour 23h30 avec une belle marche d'approche de nuit.
Merci la frontale de philippe et aussi le beau feu d'ivan et bobo aux cabannes à l'arrivée.
Une lumière dans la nuit, un espoir dans les ténèbres.
La montée du pack de 24 bières à bout de bras a été le tour de force de la soirée.Echauffement.
Plutôt en baver-1h40 de montée- que de les laisser dans la voiture !
L'effort physique dans toutes les dimensions tel est notre crédo.
L'esprit montagne c'est du" steak ultra cuit" : bobo et ivan se délectent d'une nuit sur une magnifique dalle en béton autant lisse que froid !

Juste pour le plaisr....j'aime.


La météo de la journée suit le dicton bien connu: "brouillard à 23h, purée de pois à 5h, mer de nuage à 7h...... grand soleil à 10h !"
Comprenne qui pourra, nous on profite de la connerie légendaire de Météo France et on sourit.
La météo , plus que jamais, il faut en parler quand on a rien à se dire.
Ne jamais dire jamais une fois de plus.

Le déclic

Rencontre au réveil avec 2 jeunes savoyards, Yann et Brieu : des gars de 16 et 18 ans, d'apparence physique normale, c'est à dire comme toi et moi, mais venus fracasser le Spigolo sur le petit pic d'Ansabère.Chapeau bas et bien content que "la jeunesse vive de notre nation" grimpe les plus belles voies de montagne.


Jeunes pré-pubères, fuyez les stades, les plaza de corrida et autres mega salles de concerts.
Une idée : fuyez le troupeau et venez à Ansabère.
Vous ne viendrez pas regarder ( ni la télé, ni les toros, ni un guitariste, ni un sportif)
Vous serez acteur de votre vie,et vous ferez les choses vous même et à votre niveau.


Yann et Brieu ne sont pas venus chez nous que pour manger l'omelette pipérade et l'axoa d'espelette: ils bouffent du calcaire, jouent à spiderman pour de vrai et déconnent sur le chemin d'approche.
" Décontractés les types ".
Brieu a même bu deux bonnes gorgées de biere avant de s'attaquer au monstre.
Brieu je t'admire.Tu es des notres .Je te pardonne Yann...tu montais en tête !
Question aux historiens : Du 16 ans en tête au spigolo...déja vu ?

Alors nous...avec notre voie en carton...style mako moulage....on fait rire...et on rit de nous même.
Déja que je ne supporte pas que l'on prenne au sérieux toutes nos sorties escalado-cyclistes à la con ,je réalise une fois de plus la vraie valeur des choses.


"To have or not to have le niveau "


Quand on fait les choses dans son coin, on a du mal à réaliser la valeur des choses : On risque de se trouver vite bon, les chevilles peuvent gonfler assez vite;
Prudence ,ouvrir les yeux et ne pas se gargariser.Peu parler de soi et écouter les autres.


Tout la journée et en tout point de notre escalade on s'imaginait à la place des jeunes branleurs, on se voyait perchés sur 200m de vide (je vous aurait bien fait passer une biere !), on mesurait l'écart de niveau qui nous sépare, on imaginait l'inimaginable.
Beaucoup se croiraient les rois du monde, eux c'est : " trés beau, trés propre, et ...abordable " AAAAARGH !
Fin du chapitre.

Pour nous aujourd'hui, la voie Cames-sarthou du petit pic c'est avant tout Philippe Galarza.
Pourquoi ? Parce que tout simplement sans lui aujourd'hui on passait pas .
Clair et net.
Hyper organisé, carré et directif,on sent qu'il faut pas trop qu'on fasse les cons.
On est habitué à un peu plus de "déconnade collatérale" d'habitude.
Quand il ne nous entend pas, on se moque un peu de lui gentiment : il râle sur la qualité du rocher, il se trouve quelquefois en difficulté, il dit que plus jamais cette voie...nous on attend tranquilles sur la vire.


Eric notre caméraman photographe n'en perd pas une miette.


Quand le maitre n'est pas tout puissant ça fait toujours un peu rire.
Au bout du compte on prie pour qu'il passe et qu'il nous sorte rapido-presto de notre bourbier.
Merci philippe, beau boulot,sans toi on y était encore.
La cames-sarthou c'est de jolis rappels de 30m au début et 50m à la fin ,de l'escalade sur du rocher qui s'effrite, un panorama à vous couper le souffle depuis "la célèbre vire" sur nos compères du Spigolo.
On se racle contre la paroie, on se traine à tout ce qui nous passe sous la main ctd dégaines et autres vieilles calles en bois....
Bref tout est bon pour passer.Tampis pour la déontologie

montagnesque et la maniere.On n'est pas des danseuses.
Et puis philippe nous crie "Eh les mecs ,vous déconnez pas , vous passez !"

Une bonne bière au sommet mais à demi appreciée : " il reste le rappel de 50m à se taper"
Sur mon insistance- en fait ma trouille- ivanou me double mon accroche harnais.
Ce dernier est prévu pour soutenir 2 voitures....alors les 74 kgs de Mr P.E...
Le mental, toujours le mental.
Retour au camp de base en compagnie de nos deux " spigolo men" où on se délecte de leur récit.
Passionant,du vécu.

La valeur des choses...Réflexion et retour d'info sur ce que l'on est capable de faire et sur l'appréciation de ce que font les autres.
Merci encore une fois aux cordées féminines et aux petits morveux savoyards de nous pousser en avant et de nous donner envie de progresser.
The show must go on !

Juillet 2007 P. E.